Je me lève, je ne bouscule personne parce qu’encore une fois Pou est déjà parti au boulot, je suis en RTT (ouais, c’est bon, je recommence à bosser jeudi, pas la peine de râler encore) et là crac, une tétraplégie générale de la nuque me tombe dessus.

Pas une tétraplégie gentille, juste là pour te rappeler qu’on ne dort pas dans la position de la loutre du bengale à 37 ans ou qu’on ne tente pas d’acrobatie prénuitale un lundi soir, nan m’sieurs dames, une tétraplégie douloureuse et bloquante, de celles qui vous donnent envie de pleurer dès le réveil. Ceci dit, pleurer n’a que très peu d’intérêt lorsqu’on a envie de faire pipi qu’on est seule à la maison et que les toilettes sont au moins à 5 mètres de là ! Faut agir : n’écoutant que mon courage, je prends les choses à bras le corps. De ma main droite j’exécute un « enroulé caressé par l’extérieur » de mon cou et je soulève cette tête lourde et inerte qui, je dois l’avouer, s’est mise à pleurer. Je ne suis qu’une femme après tout, personne n’était censé le savoir et en plus, je pleure devant le roi lion alors face à ma douleur quoi de plus naturel ? Bref, dans un élan de courage et de détermination, je force sur mes abdos en béton afin de me redresser sur la couche conjugale (c’est dégueu comme image ça ou c’est moi ?). Bon, là je me rends à l’évidence : faut que je retourne à la salle de sport parce que la seule chose que cette tentative a provoqué a été une douleur inénarrable dans le creux de mes reins (et ce ne sont pas les trépidations de ma machine qui en sont à l’origine). Dans un cri glauque, rauque et animal (Putain de bordel de merdeuhhhhhhhhh : oui, là je faillis à mon credo de ne jurer qu’en étranger, je suis habitée par le démon du bobo, celui qui nous transforme en des nous-mêmes maléfiques et criminels, celui qui réveille les Guy George en nous, celui qui nous rend le blanc des yeux tout rouge et qui hérisse nos poils, celui qui nous fait dire putain de bordel de merdeuh alors qu’ne toutes circonstances nous sommes des grandes dames (ahhh, la première parenthèse dans une parenthèse : hier je parlais de TON mari cher lecteur, aujourd’hui je m’adresse à toi comme une fille, mais c’est juste pour aujourd’hui hein)) donc je recontextualise : poussage sur les abdos, gros mot et je me retrouve donc projetée en arrière, ma main droite coincée sous le cou dans une clé de bras du type « lâche ton arme connard ou je te casse l’épaule » mais la jambe gauche dans le vide derrière moi. N’écoutant que ma vessie cette fois-ci, je balance maladroitement ma jambe libre une ou deux fois dans le vide afin de faire levier (et non, contrairement à Pierre, je ne compte pas introduire un doigt…avant d’être classée dans les blogs X, je vous invite à revoir le père noël est une ordure les gens, un peu de culture que diable). Le monde n’étant pas si mal fait, mon volume cuissal permet à mon centre de gravité de se déplacer vers la gauche, libérer ma main et détendre la clé de bras afin que je me retrouve en position quasi fœtale au pied de mon lit dans un bruit sourd et humiliant. Ayé, on y est presque, j’agrippe les draps, force sur mes pieds et me retrouve debout. Vite pipi ! Je me dirige vers mon but à la vitesse de la tortue asthmatique de peur d’avoir mal ou de me bloquer à nouveau. Passage de la première porte : OK mais c’était sans compte sur le mal incarné, le chat de Pou.

6,5 kg à la pes131-3157_IMGée du matin, 20 centimètres au garrot, pleine de vice, enfantée directement par Machiavel, elle attendait, sournoisement lovée devant ma porte. C’est alors qu’elle décide de passer entre mes jambes sous couvert d’un ronronnage amoureux. Elle tente de me déstabiliser de façon à ce que mon crâne se brise au sol et qu’elle puisse agrémenter ses croquettes avec une dégustation experte de mes yeux. Mais là, terrorisée et persuadée que je vais y passer,  je me rends compte que je n’ai plus mal du tout. Tranquille mais déroutée car j’avais bien prévu de passer la journée à geindre et me faire plaindre moi, j’ai donc continué ma route, non sans avoir filé un gros coup de pied virtuel à la chose parce qu’en vrai, elle me fait trop peur…Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort : comment je suis trop miss Hulk en fait en vrai vu le nombre de fois où j’ai failli finir assise sur un planche de skate, un fer à repasser dans chaque main et un panneau « pour mangé s’il vou plé » autour du cou !

D’ailleurs staprem de vais voir ma sophro/ostéo, va falloir que je lui propose mon appart en viager afin de savoir ce qu’il en est vraiment de la qualité de mon squelette (et non, pourquoi elle serait au courant que je suis locataire ???), je vais peut être me renseigner également sur les capacités de dresseur de Pou, ça pourrait être le crime parfait ça : « nan, j’vous jure je suis triste et innocent, j’étais au travail » et hop clin d’œil complice au chat.

Je flippe ma race, je ne veux plus rester seule avec elle, voilà, à partir de maintenant plus un seul RTT glande à la maison, trop dangereux !!! Non, tant pis, je ne pourrai jamais, j’affronterai la bête mais si jamais je n’écris plus pendant quelques jours, montrez ce blog à a police !!!!!