Alors, y’a deux jours je t’ai dit à demain, mais en fait demain, là, ça devient hier…tu vois, me rester fidèle et suivre mes pérégrinations c’est un peu comme monter à bord d’une Deloréane sans conducteur..

Bref, je te parlerai une autre fois de mes os ET boyaux lourds parce que j’ai resté mon corps hier et que, je me rends compte que plus de 20 ans d’entraînement au gras et au sucre font de moi la première ablattue de la wézicoul qui peut, une simple semaine après l’ablation, encaisser à la fois une boule de glace chantilly à midi et un  tiers de millefeuille le soir sans sourciller. Je serais moins humble, je vous dirai que oui, c’est beau et grand mais je ne mérite ni vos regards admirateurs ni vos applaudissements : ayant été élevée, comme une grande génération de bergers allemands, comme une championne, je dois avouer que c’est effectivement bien la force du mental mais aussi toutes ces heures à écumer les boulangeries, les pâtisseries et à soutenir Pou dans sa carrière éphémère mais diabético friendly de faiseur de gâteaux qui ont fait de moi celle que vous imaginez aujourd’hui. Je ne peux garder les louanges pour moi parce que rien ne serait possible sans CocaZéro et, lorsqu’elle n’écume pas les volcans, Obé. Mes deux sparring qui, à grand renforts de sites et émissions culinaires pour l’une et huile de coude, beurre et sucre pour l’autre ont su me mettre dans les meilleures dispositions.

Applaudissement – air gêné – larme à l’œil.

Bon, je mens un peu hein, vendredi soit j’ai douillé ma mère, je comprends un peu ce que ressentent les vétérans, ces héros qui ont fait 2 ou 3 tours dans les rues de bagdad ou Damas : j’ai le syndrome du boyau fantôme. Je sens une douleur là où normalement il n’y a plus rien d’autre qu’un intestin qui se la pète un peu et profite du nouvel espace à aménager, du coup, mal pour mal, je me suis dit après cette nuit à déguster chèrement que je pouvais retenter la crêperie du samedi pour voir si ça changeait ma vie, comme ce cordonnier, ce simple cordonnier (pour les plus jeunes ou les plus vieux, JJGoldman, représent’). Bon ben rien de mieux, mais surtout rien de pire du coup, je prèfère avoir mal avec une boule de tentation meringuée framboise dans le ventre qu’avec une assiette de haricots verts. Que celui qui blablabla me jette le premier apéricube…

Donc, mal vendredi (j’ai presque hâte d’être à l’hosto lundi matin histoire de savoir, comment c’est possible de passer une semaine trop ça va et de Bim, comme ça, comme sorti du bois en hurlant comme un damné en pleine nuit, c'est-à-dire sans qu’on s’y attende) et mal samedi journée + soir aussi. Du coup hier soir, en rentrant de chez Poney et ponettes (j’ai oublié comment je t’appelle ma belle), mon Pou souriant, ramenés par la Duchesse, je me suis couchée assez fatiguée pour espérer dormir paisiblement. Et franchement, ça a plutôt été. Dodo 1h et quelques du mat dans de nouveaux draps beaux et doux jusqu’au drame (non, je ne me prends pas pour Dubosc, y’a raiment eu un drame).

En plein sommeil radoxal ou paradoxal, je ne sais plus, « bim bam boum » « kèssecé ?» « ch’ais pas stoi ? » « ben non, je ne fais pas le bruit de déchargement d’un benne de verre ! ».  Allumage de la lumière, investigation simple mais efficace #EliseLucetSortDeMonCorps et un ceintre Capulet semble avoir souhaité se suicider en amenant avec lui mon chargeur d’appareil photo Montaigu en toute discrétion. Tain, il est 8h, bon ben, t’façon là, on ne se rendormira plus. Nous voilà debouts et ma douleur toujours là, bien présente cette sal… sous les côtes là-bas où on ne peut pas la soulager en massant. Je me dis donc que je vais tenter un rééquilibrage alimentaire pour montrer à mon boyau fantôme ou à tout autre bien présent qui serait à l’origine de mes réjouissances, que je viens en amie, même si c’est lui qu’a commencé.

Bouilloire enclenchée, rooïbos en train d’infuser, je sors mes flocons d’avoine et ma dernière nectarine histoire de présenter à mon bourreau une offrande saine. Je pèle la nectarine et me dis qu’il me faudrait un couteau pour enlever cette partie un peu trop mûre là. Bon ben, vous savez tous ce que c’est, je me retourne pour saisir un couteau, la bouilloire s’arrête, je nettoie l’épluche légumes (ce qui est d’ailleurs très réducteur, sa fonction allant bien au-delà des très nobles légumes, la nectarine par exemple étant un fruit de belle facture. D’ailleurs est-ce que c’est moi qui l’emploi au-delà de sa fonction, consciente de ses capacités ou est-ce que c’est lui qui a été mal vendu aux yeux des recruteurs potentiels ? Je ne peux pas être sur tous les fronts, on verra une autre fois), j’ai donc réalisé plusieurs actions autres que celle de récupérer un couteau lorsque je me retourne pour ablationer également l’élément malsain de cette nectarine juteuse à souhait « biourkkkkkk, Arghhh, à moi, ma cassette, Pou, aidez-moi, sauvez nos enfants « 

Sur le haut de la nectarine, qui n’est désormais plus mon amie, trône un ver géant (genre si j’avais besoin d’épices et que j’habitais sur Dune, je serais le maître du monde). Il me regarde de son œil unique (un ver cyclope et alors ?) il se dresse de tout son long sur le fruit souillé, j’entends son rire de ver sardonique et il se laisse glisser le long des courbes callipyges de ma pitance (ouais, on dirait trop un cul). Pou entre à cet instant au son de mes incessants « hiiii, hiiii, hiii » « quoi ? » « ‘garde ! On va tous mourir » « ben jette-le » « c’est toi jette le. Même pas en rêve je l’approche. Steuplé défonce le » « euh ouais, mais on n’a pas de sac dans la poubelle » « ben mets en un !!» (oui, à cet instant je regarde la bête et j’en veux à Pou de prendre son temps, de ne pas prendre la mesure des pouvoirs de l’animal et je reste tétanisée, là, dans les phares de la bouilloire électrique) Pou en riant comme un gros con demeuré d’abruti de putain mais qu’est-ce qu’il est lourd un homme courageux face à l’adversité «Faut le tuer pour éviter qu’il ne se multiplie dans la poubelle » « ouais. Et ? » « ok, file moi le sopalin » « ahhhh, il est dans l’assiette, il est dans l’assiette, il va trop vite. Creve avec ton sopalin, je fais les valises » « ok, ben faut que tu lui passes devant pour sortir » « tiens le sopalin ».

Il l’a tué, à main nue, l’autre portant le sac poubelle. Il m’a suggéré de découper le haut et de manger le reste. Je lui ai gentiment proposé de se faire un massage hémorroïdaire avec le fameux reste de la nectarine contaminée. Il s’est moqué de moi. Je me retiens de ne pas vomir mon thé en vous racontant la lutte à laquelle j’ai assistée. Je prends sur moi pour ne pas déménager sachant que la famille verluisante pourrait tenter de revenir pour une vengeance. Je viens de finir mes flocons d’avoine mais maintenant mes aliments n’auront plus la même saveur, Pou m’a dit qu’ils peuvent être partout. J'ai peur (et j'ai beau être matinale, en plus, j'ai toujours mal...).

A bientôt, peut-être