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Bon, bon, bon, en mauvaise citoyenne que je suis, je ne pense pas aller voter à la présidentielle en raison de l’absence absolue de candidat qui mériterait de me représenter ou de porter ma voix pendant 5 ans. Aucun candidat ne présente suffisamment d’idées en accord avec mes espoirs ou mes besoins pour que j’aie envie de le voir présider mon pays. Mais Cocazéro m’a fait un gnagnagnagna qui a tout de même réussi à me convaincre d’aller donner mon avis à ceux qui se rapprocheraient le plus de mes attentes, les républicains.

Je me lève donc ce matin toujours handicapée par le putain de torticolis de sa mère la vieille en string qui m’avait déjà fait souffrir la veille (oui, je me dis qu’entre adultes consentants, parfois on peut dire des saletés sans que ca ne soit vraiment choquant. Disons qu’on le tolère et que si jamais on va trop loin, on détermine un safeword, genre kangourou, et on saura quoi faire) et je recherche donc sur google mon ami, les adresses de votage autour de chez moi. Ben à 10 metres, cool. Je me douche, me fait crémer la nuque par mon Pou (non, toujours pas sessuel…), m’habille et saute dans une paire de baskets. Sur le chemin de l’école bureau de vote, je fais une halte au distributeur. Ben ouais, les pauvres républicains ont besoin de nos sous pour fiancer leurs magouilles…et retire donc 20 euros en 2 billets de 10 (si si, ça a un intérêt).

Je brave le froid de gueux qui s’est abattu sur nous y’a quelques jours (alors, juste histoire de te donner une idée, toi qui ne vis pas au froid (désolée ma belle québécoise, toi tu sais..) le vent fait tellement de bruit dans les volets qu’on a du les rouvrir. Du coup on est réveillé par le soleil le jour et, comme le vent décorne vraiment tous les bœufs de la planète, le couloir aérien a dû être détourné pour éviter que les avions ne s’écrasent sur Paris et en plus du plus, ben il passe désormais au dessus de chez nous ! Quand je te dis au dessus c’est que du lit, en ouvrant juste les yeux, je pouvais quasi lire leurs numéros d’identification à tous les beaux navions qui amènent les gens. Et pitain de sa race la maudite, dès 6h, y’a du passage dans les cieux hein…) bon bonnet chaussé, gants enfilés, je pars mes 2 billets en poche vers le bureau de vote.

« Bonjour messieurs, dames ». Je dois faire chuter la moyenne d’âge de la salle d’au moins 30 ans…et je suis la seule femme sans fourrure apparente…Devant moi, un monsieur discute avec l’élu sur place « Allez dites-moi, Sarkozyste ou Juppéiste ? » « Ahhh, je ne dévoile rien d’autre que ce qui est public et ce qui l’est c’est que j’ai parrainé Coppé ». La discussion se poursuit et arrive mon tour, je sors mon permis et mon billet. Le gentil monsieur de l’accueil me rend 4 piécettes de 2 euros et j’en lâche malencontreusement 2 qui roulent au sol. L’élu se baisse et les ramasse en jetant un petit coup d’œil à la ronde pour savoir à qui elles appartiennent. Le gentil monsieur de dire « ahhh, ben voilà, le patron arrondit ses fins de mois et pioche dans la caisse » l’élu sourit jaune et moi de renchérir (en mode petite vanne rigolote dans la veine de l’instant avec ton et yeux souriants) « ben, en même temps, il a parrainé Coppé hein, fallait s’y attendre » et là…l’horreur.

Monsieur à barbe « Quoi ? Mais madame, qui vous permet ? C’est de la diffamation ! »

Moi « Ohh, monsieur, je vous accorde que c’est assez inapproprié mais c’était une blague »

Monsieur d’à côté avec pas de barbe « oui mais bon, on ne peut pas dire qu’elle ait tort »,

Monsieur en velours côtelé « non mais alors tout est permis. On se demande après pourquoi la France va si mal »

Madame en vison « ah ben ça, à part Nicolas, on ne voit pas qui pourrait nous sauver »

Madame qui semble de gauche « Nous sauver ? Mais vous rigolez ? il nous a tués oui ! »

Monsieur d’à côté avec pas de barbe « Mais taisez-vous donc, et laissez les gens s’exprimer (oui, j’adore ce type de pensées…) »,

Et de tous côtés les gens se sont mis à donner leur avis, surtout contraires en haussant un peu le ton. Pi le vieux, c’est belliqueux. Mystérieux ET belliqueux. Y’en a même un qui a ouvert l’isoloir pour dire que si on était là c’était aussi pour éviter ça…Les gens n’étaient pas d’accord, j’ai même entendu un « Morizet ? Mais c’est une bonne femme !!! » à glacer les veines qui a cependant eu le mérite de les faire presque tous sourire.

Du coup, après avoir foutu le dawa dans la place et récupéré mes 4 euros à l’origine du mal, j’ai laissé les vieux s’écharper et je suis partie m’offrir un millefeuille pour oublier ses péripéties…Je crains qu'à l'heure qu'il est, ils ne se soient vraiment battus à grands coups de déambulateurs ...

Comme quoi, une bonne petite vanne toute pourrite peut causer de gros dégats.