Depuis la dernière fois que je t’ai raconté mes exploits, j’ai célébré les 40 ans de la dernière d’entre nous (dernière en âge hein, va pas me la vexer avec tes insinuations douteuses, déjà qu’elle se sent menacée physiquement…). Et du coup, qui dit 40 ans, dit weekend entre nous encore. Après la banlieue de Rouen et la copenhaguie orientale, nous voila parties pour le pays de la paella et de la sangria ! Vamos a Madrid.

Alors avant toute chose, sache que si jamais un jour t’as bobo à la noreille dans un aéroport avant de prendre ton avion : surtout n’en parle à personne ! Moi je l’ai fait, je me suis épanchée auprès d’un pharmacien dont je pensais récupérer un gouttier antidolorifique et ça m’a valu, dans l’ordre : un passage au cabinet médical d’Orly (le cabinet le plus glauque de la planète, si, si j’te jure),  un entretien avec un médecin qui ne savait pas s’il allait m’autoriser à voler ou pas, une auscultation douloureuse de mon oreille otiteuse vu que j’ai « un conduit très étroit », d’’insulter ledit medecin qui a insisté pour entrer son instrument dans l’étroitesse de mon conduit (non espèce de malade, y’a rien de malsain là dedans), de me retrouver autorisée à voler sous réserve que j’aille «  directement auIMG_4982x urgences de Madrid si toutefois [mon] oreille se mettait à saigner pendant le vol » (oui, oui, et moi, hypocondriaque doublée d’une caguette de l’avion, je suis montée à bord…je les aime mes amies, j’avais vraiment envie de passer ces 48 heures avec elles) et enfin une exonération de consultation de la part du médecin que j’ai beaucoup fait rire en le traitant de con car « depuis 30 ans [qu’il] exerce beaucoup on du e penser mais sans jamais osé le dire alors pour cette preuve de courage.. ».

Déjà tu vois, ça partait bien…Comme tu t’en doutes, à quelques belles douleurs d’atterrissage près, je n’y suis pas restée et je n’ai pas été obligée de visiter les urgences madrilènes. Vendredi soir, arrivée à l’Airbnb ? Très mimi et vraiment bien placé puisqu’au pied de l’immeubles se trouvent un resto « très bon » et « un super endroit pour petit déjeuner demain.

On dépose nos sacs et vers 22h, on part diner. Est-ce la chaleur ou le fait que les pizzas sont faites dans 3m² à côté de nous mais v’là t’y pas que vers minuit quand nous terminons notre repas, nous avons les yeux qui pleurent et plus chaud que dans un sauna mais le ventre agréablement plein et le gosier hydraté à la bière. Sur ce : dodo ! On n’a plus 20 ans ! et demain, on a un programme chargé.

IMG_5040Demain arrive. Petit dej en face (franchement sympa) et arpentage des rues autour de nous avec en ligne de mire : el palacio real, les jardines, el retiro, le marché san miguel, le pardo, la plaza mayor y el téléferico que nous ne mettrons pas plus de 10 minutes à renommer le periférico (ne me demande pas pourquoi, ça ne s’explique pas). Au petit dej déjà je me rends compte que mon espingouin est rouillé mais qu’on va s’en sorti. Notre déambulation dans les petites rues du quartier d’atocha est géniale. IMG_4997Soleil, calme, on repère plein de petits bars et resto au cas où, de jolies boutiques, on canarde les déco, on trouve le marché de noyel de la plaza mayor, le palacio real, les jardines et on ne s’arrête que pour se restaurer dans un bar à tapas non sélectionné dans les guides compte tenu que le marché san miguel grouille littéralement de monde et qu’il y est quasi impossible de circuler alors manger…Le bar à tapas où nous nous posons ne paye pas de mine mais n’en a pas non plus. Pour faire passer, bière et sangria, ben ouais, on transgresse ou pas ?! Bon là du coup, après que Coca ait tenté (involontairement nous l’espérons) de jeter Rourou sous une voiture, on a une aprèm géniale qui s’offre à nous. Mais c’est sans compter sur notre loose et notre mauvais sens de l’orientation. Bref, 2 heures après l’heure à laquelle selon toute vraisemblance nous devrions être descendues du périferico, nous n’en avons toujours pas vu la queue, même s’il a l’air tout près et surtout, nous sommes au pied d’un parc surnommé la montaña. Tu imagines bien qu’avec nos 5h de marche dans les pattes, notre haine d’être paumées et la pente qui s’affiche devant nous, la tension est palpable (surtout que l’intégrité physique d’un tiers du groupe a été mise à l’épreuve). Chacune d‘entre nous se réfugie dans son monde intérieur et on grimpe. Les cabines duIMG_5009 téléphérique apparaissent. Y’a la queue. J’ai un plus de jus que les autres du coup, je vais voir si c’est une queutounette ou une queue de sa rass. « Euh ben les filles, y’a bien 200 personnes avant nous et à l’allure à laquelle ça va, je pense qu’on n’aura pas le temps avant la fermeture… ». On repart. Pas un mot. Ah mais si, y’a un temple grec dans la montaña. Allons voir ça. Bon ben, il est photogénique, allez, on s’casse.IMG_4977

On a faim et mal. Ahhhhh, mais on a vu plein de resto et bars sympas dans le quartier. Et si on allait manger les meilleurs churros de Madrid ? Quelle bonne et singulière idée ! Ah ça, ça doit être bon, mais entre les millions de personnes qui arpentent les rues dans lesquelles nous nous perdons à nouveau (Rourou et moi resterons à jamais choquées par la marée humaine dans laquelle nous avons évolué) et la double queue chez Ginette (nouvelle renommation de lieu de notre part) qui est cependant ouvert 24/24 7/7 nous revenons broucouilles. En plus, le temps passant il est mais n’est que 19h30 et du coup niveau resto, tout est fermé, niveau bars, tout est cIMG_5023omplet. On erre. On n’arrive pas loin de la maison et …et ben merde, ce sera tournée de doliprane à la bière ! Coca tente le icetea goût pas bon et sans surprise, c’est pas bon. Je te passe la suite : récupération de force, super repas et nécessaire repos des guerrières.

IMG_4966Dimanche c’est tendu. On part tôt donc là, c’est timé : retiro, museo de la reina sofia et gare d’atocha pour être dans le train avant 16h de façon à ne pas rater notre avion. Après le jardin botanique vide de fleurs et plantes (ben ouais, c'est l'hiver) mais payant tout de même (enfoirés), nous cherchons dans nos cours de dessin du collège et nos cours d’histoire du lycée pour comprendre ce Guernica qui s’étend devant nos yeux. On n’est pas venues que pour ça. Je ne partirai pas d’ici sans avoir transgressé la loi ! Je prendrai une photo de n’importe quelle œuvre ! naméo, on a payé le métro, on ne va pas non plus sombrer dans le respect civique ! IMG_5072Ce musée, est à mi chemin entre vol au dessus d’un nid de coucou et shining. A un moment je laisse les filles sur un banc et, cherchant la terrasse (fermée le dimanche…), je tombe sur une salle ou une dame représentée par une dessin d’enfant est traversée par un laser pendant que des klaxons de voiture emplissent mon espace otiteux. Nous convenons qu’une enfant à tricycle ou un indien de 2m ne denoteraient pas dans l’endroit.

Hop, il est temps de prendre le train. Putain de gare de merde interminable dans laquelle les trains pour l’aréoport sont introuvables, les billets inachetables et les horaires invisibles ! En revanche, mur végétal, tortues et du coup, ambiance tropicale super agréable avec un manteau, une écharpe et une valise à trimballer ! Bref, on a raté le dernier RER qu’on pouvait se permettre de prendre pour arriver à temps. « donde estan los taxis » ahhh, tout en haut évidemment ! « ola senor, tenemos 20 minutas para el aeropuerto. Le parace posible ? » « hay 40/45 minutas para el aeropuerto…si, tendrais su avion ! » …ah ben banco anne marie, en voiture simone, accroche ta ceinture !

Pendant le trajet Jose et moi discutons à bâtons rompus pendant que les filles luttent pour ne pas vomir leur déjeuner tant l’odeur de rose imprègne le véhicule. Jose nous amène à destination en temps imparti, Coca tente à nouveau de tuer Rourou, je suis contrôlée pour vérifier « l’explosivo », (c’était coca à l’aller, varions les plaisirs), on a le temps de se faire une petite tournée de sandwich-doliprane, de prendre des échantillon culinaires epagnols pour Pou qui nous véhiculera jusqu’à nos chez nous respectifs et hop, à Paris les enfants !

On a bien rigolé, il nous a fallu la semaine pour nous en remettre, on a raté les jolis restos qu’on avait repérés, je t'ai passé la déception de la plaza d'españa et la puerta del sol, bref, on retournera à Madrid mais plus longtemps, là c’était trop la course. Pour nos 50 ans on s’y passe une semaine !