Il y a une quinzaine de jours, afin de célébrer le 47e anniversaire de Pou, ce dernier, Cocazéro et moi nous sommes rendus dans un hôtel de luxe afin d’y déguster un tea time de sa mémé. Installés dans une salle feutrée, à une table assez centrale, près du piano, dans l’axe des cuisines, nous avons laissé le vieux prendre place sur un fauteuil trône de circonstance.

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1493993428960Une fois nos marques prises, un serveur (trop clone de tous les autres serveurs de cette salle, on pense d’ailleurs qu’ils les recrutent à partir d’un gabarit type) est venu prendre notre commande. Quand il a pris son petit air hautain et dédaigneux pour nous expliquer la définition du végétarisme et nous coller une première couche de supériorité, j’ai imagné la gifle qu’il aurait reçue s’il avait tenté son explication aux magnats du pétrole d’à côté. Nous avons choisi de le détester et de profiter de notre aprem.1493995774973

4 fingers salés ont éveillé notre appétit en « entrée » (comme si un gouter devait être constitué d’une entrée) : un petit pain brioché au saumon, un bœuf gravelax à tomber, un millefeuille betterave tomates de sarasskitu et le dernier aux artichauts trop méga miamesque. Bref, des préliminaires qui valaient à eux seuls le déplacement. 2 des meilleurs scones de notre vie ont suivi. Parmi eux, celui au sésame que, sérieux, si la sconophilie était autorisée, je lui aurais demandé de m’épouser ! à l’exception de la confiture aux oranges (mais par la corne du grand bouc ! A la fin du second scone, une jeune fille fraîche et souriante s’approche de nous, une jatte à la main « mesdames, monsieur, puis-je vous proposer de gouter ce kougloff tout juste sorti du four ? » ah ben, j’hésite meuf, il sent le beurre à plein nez, il fleure bon le plaisir gustatif et il a l’air d’être tout droit sorti de la cuisse de Jupiter ! Fais péter gueuse ! Ben malgré un doute au début dû à la substantifique moelle du kougloff : le raisin sec, on l’a démonté. Pou commençait alors regarder les pâtisseries à suivre d’un œil avide mais un peu moins sûr de ses capacités avalatoires.

1494005554248Et là, je fais ma pause pipi. Dans les toilettes élégantes de 5 étoiles, je découvre une petite console à côté de la cuvette. Et je comprends que cette console est ce graal que les japonais cherchent tant en dehors de leurs frontières. Mais je n’ose appuyer sur aucun bouton, craignant que, dans un élan de folie, le jet ne rate mon fondement et ne se mette à arroser mon pantalon ainsi que l’entièreté du sol sous mes pieds. Frustrée mais rassurée, je reviens narrer cette non affaire à mes co-convives (oui, on parle de toilettes à table entre nous) et tous me disent que j’aurais dû le tenter, l’occasion n’étant pas près de se reproduire ! Quelle frustration décuplée ! Ils ont raison « ok, ne me laissez pas partir d’ici sans y être retournée ». Je passerai une partie sous silence, l’un(e) d’entre nous ayant testé en primeur les jets tous doux à son corps défendant et m’ayant confirmé le devoir de ne pas laisser passer ça, sans me donner l’autorisation de parler de son culcul.1493995773549

Bref, nous en étions au Paris-Brest au beurre de cacahuètes. Alors comment vous dire ? Si j’avais été allergique j’aurais risqué le choc anaphylactique ! Génialement dosé, subtilement salé, ce gâteau était divin. Ensuite une mousse aux agrumes avec je ne sais trop quoi de pamplemoussesque nous attendait. Le serveur nous avait bien précisé qu’il fallait terminer avec celui-ci mais on l’aimait tellement pas qu’on l’a tenté en avant dernier ! bim ! Comme ça, juste pour le faire chier. Bon ben en raison d’une teneur en acidité dévastatrice et d’une coque en zeste de pamplemousse, il est vrai que cette pâtisserie devait à la fois être gardée pour la fin, les papilles décédant immédiatement au toucher amer de ses composants mais peut être même ne pas être mangée du tout pour des gens comme cocazéro et moi qui ont beaucoup de mal avec l’amertume ! bref, Pou s’en est envoyé 2 et demi, je dis et demi car j’ai tout de même éclaté la mousse au pamplemousse.

14939957738493 cookies aux pistaches restent sur le présentoir. Ils nous regardent, nous appellent et nous font signe de ne pas les oublier lorsque la jeune fille fraîche et souriante revient « mesdames monsieur, souhaiteriez vous gouter à nos madeleines au miel fraichement sortie du four ? » une larme au coin des yeux, nous pensons tous les 3 « non, on n peut plus, on va crever, mon estomac vient de demander grâce » et répondons « avec grand plaisir ». La madeleine adouci et éponge l’acidité amère de nos bouches, déblayant pas là même le terrain aux cookies pistacheux. Un délice !

1494005553948Et quitte à parler de délice, je vais vous conter mon deuxième et dernier passage aux toilettes. J’entre. Le calme qui règne dans cet endroit me donne envie de m’y installer définitivement. Il fait bon, la température est idéale. Un vrai jardin de printemps ensoleillé. Dès son séant posé, la chaleur artificielle de la cuvette nous emplit de douceur. Une fois l’intervention terminé, c’est le moment de se lancer. De tenter l’aventure japonaise. D’appuyer sur le petit bouton, à notre gauche.

1493995769000Oh ! Un petit jet à température ambiante effectue son travail, c’est rigolo, chatouilleux même un peu. Est-ce que ça s’arrête tout seul ? Ah, vu le temps qui passe non. J’appuie sur stop. Et ce bouton là ? Oh Ah, ok, il va là ? Ah ben d’accord alors ! Et bien, les jets étant respectueusement resté où ils devaient être, lançons le courant d’air séchant maintenant !  J’ai l’impression d’être dans un spa total wash !

Je me relève, me rembraille, me lave les mains (qui n’ont quasi plus de raison de l’être) et reviens à table. « «Oh mon dieu ! Il nous faut ça à la maison ! C’est grandiose, je ne peux plus arrêter de sourire ! »

En gros, Pou a passé un bon moment pour son anniversaire et moi j’ai découvert le sens de la vie. Il semble que Cocazéro ait également apprécié son instant puisqu’elle a proposé de lancer le tour des tea time de luxe …Je te tiendrai informé, mon lecteur chéri. Et je te promets, faut que t’essaie !